L'art du wing chun kung fu            



KUNG FU, CHI ET STYLES





Nous allons voir ce qu'est le kung-fu, le ch'i et la différence entre styles internes et externes.





KUNG FU

Littéralement, l'expression Kung Fu (Gong Fu) signifie "pratique de l'homme adulte". L'idéogramme isolé Kung correspond à "pratique", "travail assidu" et l'idéogramme Fu correspond à "l'homme adulte" ou "l'homme expérimenté".

On peut définir le Kung Fu de façon comme le "travail parfait en voie de s'accomplir".

Le Kung Fu est composé de deux notions très fortement liées. Kung représente la voie à accomplir. Il décrit les étapes à franchir et surtout la chronologie pour accéder à ces différentes étapes. Fu représente la conscience de la réalisation de cette voie.

Bien que généralement utilisé pour décrire l'ensemble des arts martiaux chinois, le terme de "Kung Fu" peut s'appliquer à bien d'autres disciplines comme, par exemple, la préparation du thé. Le terme "Wushu", lui, est plus restrictif et désigne uniquement les arts martiaux chinois.

Les arts martiaux que désigne le terme "Kung Fu" sont issus des plus anciennes traditions chinoises que sont le bouddhisme et le taoïsme.

Deux grandes écoles martiales en sont à l'origine : l'école interne ou Neija reliée à la tradition Wudang et l'école externe ou Weijia reliée à la tradition Shaolin. Ces deux courants ayant par la suite donné naissance à de multiples styles et à la plupart des autres arts martiaux asiatiques.



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LA NOTION DE C'HI (QI)

Dans la culture traditionnelle chinoise, le Ch'i (prononcez 'tchi') est considéré comme une sorte d'énergie universelle. Toutes les choses qui vivent contiennent le Ch'i. Toutes les choses sans vie sont dépourvues de Ch'i. Les Chinois pensent que cette force se propage à travers le corps le long des méridiens.

Absente de notre culture occidentale, la notion de Ch'i est en revanche omniprésente dans la plupart des arts méditatifs et des arts martiaux asiatiques. On le retrouve sous le nom de 'prana' en Inde ou 'Ki' au Japon.



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STYLES INTERNE ET EXTERNE

Les arts martiaux chinois se subdivisent en deux grands groupes de styles dits 'internes' et 'externes'.







Le facteur qui permet de déterminer la nature 'interne' ou 'externe' d'un style d'art martial est le Ch'i et surtout la façon dont il est appréhendé.

Il est généralement admis que l'utilisation du Ch'i, pour accroître puissance et vélocité, est apparu au cours de la dynastie Liang (540 après J.C.).

En fait, on pense qu'avant l'arrivée de Damo la théorie et les principes du Ch'i étaient uniquement utilisés dans la médecine et non dans les arts martiaux. La vitesse et la puissance étaient développées à travers des entraînements purement physiques. Et bien que ces entraînements mettaient l'accent sur la concentration de l'esprit, ils ne débouchaient pas sur un véritable travail du Ch'i. Les pratiquants d'arts martiaux de cette époque se concentraient donc uniquement sur la puissance musculaire ou puissance externe. C'est pourquoi les styles issus de cette période sont classés comme étant des styles externes.

Lorsque l'empereur Liang Wu accueillit Da mo, ceux-ci furent rapidement en désaccord. C'est pourquoi Damo continua sa route jusqu'au temple Shaolin. Là, il découvrit des moines affaiblis qui somnolaient durant les longues heures de lecture. C'est à cette époque que Damo se mit à entrer dans une phase de méditation dans le but de découvrir comment aider les moines. Cette phase de méditation dura neuf années pendant lesquelles Da Mo écrivit deux classiques : le Yi Jin Jing et le Xi Sui Jing. Après la mort de Damo, les moines Shaolin appliquèrent les méthodes décrites dans le Yi Jin Jing pour renforcer leur corps et leur esprit. Ils s'aperçurent rapidement que non seulement cet entraînement leur permettait d'être en bonne santé mais qu'il les rendait plus forts aussi. C'est ainsi que travaillant toujours à leurs techniques de combat, ils y ajoutèrent les techniques de travail du Ch'i décrites par Damo et devinrent des combattants extrêmement efficaces. Les pratiques des moines Shaolin s'étendirent alors à l'extérieur du temple et beaucoup de nouvelles formes de Ch'i Kung - techniques de travail du Ch'i - furent créées.

Certains styles d'arts martiaux privilégièrent un entraînement en douceur du corps plutôt que l'entraînement musculaire intensif développés par les moines Shaolin : puisque le Ch'i est la source et le fondement de la force physique, un pratiquant d'art martial doit d'abord travailler à la construction de cette source. Cette théorie stipulait que lorsque le Ch'i est abondant, il peut conduire le corps au niveau le plus élevé et permettre d'atteindre une puissance réelle et efficace. Au moins deux styles répondant à cette théorie furent créés à cette époque (550-600 av. J.C.) : Hou Tian Fa et Xiao Jiu Tian. Ces deux styles sont les sources originales du Tai Ch'i Chuan.

Les styles internes (taoïstes) insistent davantage sur la respiration, le calme de l'esprit, le développement de l'énergie interne le Qi (Ch'i). Ils préconisent la défaite de l'adversaire à l'instant même où il attaque, en utilisant son énergie pour la réduire à néant.

Les styles externes (bouddhistes) mettent l'accent sur le développement physique, la musculation, la force des coups et la rapidité d'exécution.

De nombreux styles de Kung-fu sont formés par une combinaison des deux systèmes. La plupart préconisent d'ailleurs l'utilisation du dur contre doux, et du doux contre le dur. En général, les Chinois divisent les différents styles de Kung fu en deux branches principales Nord et Sud d'après leur lieu d'origine.

Suivant cette classification, le Wing Chun est un style combiné, interne et externe, du Sud.





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