
"ECOLE BASE - CHAN KEO
& JEAN MARC NOBLOT"
CHAN KEO & JEAN
MARC NOBLOT
Votre parcours : biographie ; avez-vous pratiqué
d’autres arts martiaux, comment avez-vous
découvert le wing chun et pourquoi l'avoir choisi…
Jean-Marc NOBLOT :
J’ai débuté les arts martiaux en 1981
par la pratique du Jun Fan, Jeet Kune DO et Kali escrima, avec les
seuls représentants, à l'époque, de
Guru Dan inosanto en France, Jean Pierre Defosse et Didier Trinocque.
Nous avons organisé le 1er stage français de Dan
Inosanto. Un second stage fut organisé en 1985.C'est
d'ailleurs à l'occasion de ce stage que la plupart des
instructeurs actuels de kali et Jun Fan jeet Kune do eurent
l’opportunité de rencontrer Guru Dan Inosanto.
Je me suis intéressé au Wing Chun car sachant que
c’était le style que Bruce Lee avait
pratiqué et sur lequel il avait basé son jeet
Kune do, et vu que le jeet Kune do en soi ne s’enseigne pas,
n’étant pas un style, il m’a donc
semblé logique d’essayer de comprendre la
démarche qu’il avait pu avoir et sur quelles bases
il s’était appuyé pour
développé son style.
Je me suis intéressé au Wing Chun en 1985, alors
quasi inconnu en France et nous avons organisé, avec Jean
Pierre Defosse, un stage pour Sifu William Cheung.
C’était la première fois
qu’un grand maitre de Wing Chun venait en France.
C’est à cette époque que nous
devînmes, avec Jean Pierre Defosse, les
représentants Français de Sifu William Cheung.
Nous le fîmes venir l’année
d’après pour un second stage. Le mouvement Wing
Chun pris de l'ampleur en France notamment grâce à
ces évènements. En 1986 j’ai
rencontré Sifu Nino Bernardo, représentant
européen de Sifu Wong Sheun Leung. Je suis parti alors
étudier à Londres au « Basement
», école de Sifu Nino Bernardo
Je reçus mon diplôme d’instructeur des
mains de Sifu Nino Bernardo en 1991.
En 1994 je suis parti avec Chan Kéo, alors seule
élève Française féminine de
Sifu Nino Bernardo, en Italie sur la demande de Sifu Nino Bernardo,
afin de l'assister dans son enseignement au sein de ses
écoles italiennes. Nous eûmes ainsi la chance
d'habiter sous le même toit que le maitre et de recevoir un
enseignement traditionnel et authentique tel qu'il était
dispensé autrefois.
Ce fut l’année où Sifu Nino Bernardo me
remit mon diplôme certifiant ma qualité technique
d’enseignant et de pratiquant de Wing Chun.
En 1995, je suis parti, avec Chan Kéo, à Hong
Kong afin de se perfectionner sous la direction de Sifu Wong Sheun
Leung. Après un entrainement intensif de plusieurs mois,
nous sommes rentrés en France où nous avons
fondé notre école : B.A.S.E (Body mechanic
Applications for Self Evolution).
En quoi le wing chun se différencie d'autres styles de kung
fu ?
Nous ne connaissons pas assez les autres styles pour en parler
précisément,
Mais il semble que Beaucoup de style de Kung Fu sont basés
sur les mouvements ainsi que les stratégies et psychologie
des animaux.
Le Wing Chun que nous avons étudié avec Sifu Wong
Sheun Leung se différencie par le fait qu’il est
basé sur les mouvements du corps humain et obéit
à la loi qui régit la mécanique du
corps ainsi que les stratégies et psychologie
liées à l’homme.
Pratiquez vous uniquement le wing chun ou avez vous ajouté
d'autres éléments (eskrima, jujitsu
brésilien, chinna, etc.) ?
Chan KÉO et Moi-même avons toujours
continué de pratiquer le Kali escrima, que nous avions
commencé avant le Wing Chun d’ailleurs de plus le
WING CHUN KUNG FU que nous avons appris de Sifu Wong Sheun Leung nous a
attiré par sa logique et sa simplicité
basée sur l’étude de la
mécanique du corps dans le but du combat, ou la notion de
« styles » n’entre pas en ligne de
compte. De ce fait nous ne nous sommes jamais senti «
enfermé » ou « esclave »
d’un « style » et donc lorsque
Après 15 ans de pratique nous avons ouvert notre
école, un élève, Chahriar DASTOURI,
pratiquait le JIU JITSU BRESILIEN. Il nous a initiés
à ce système qui nous a semblé
très intéressant car basé sur une
utilisation intelligente de la mécanique du corps au sol,
ainsi qu’un très bon complément au
système pieds poings qu’est le WING CHUN.
Nous sommes donc partis pour les États-Unis en 1998 pour
étudier le Jiu Jitsu brésilien ou nous sommes
resté 5 ans (1 an chez Rickson Gracie, 4 ans chez les
Machado) puis nous sommes partis au Brésil pendant 1 an chez
Royler Gracie et Vinicius Aieta. Nous avons participé
à diverse compétition à cette
époque dont voici la liste :
Jean-Marc NOBLOT
:
Palmarès :
· vice champion à la IIe coppa pacifica 99
· champion des internationaux jj Machado 2000
· vice champion des internationaux Rickson gracie 2000
· champion des internationaux Joe Moreira 2000
· vice champion des internationaux d'Amérique
2000 et 2001 et médaille de bronze toute
catégories 2000
· champion des internationaux d'Amérique version
sans kimono règles Abu Dhabi 2001
· médaille de bronze au tournoi international
pro. sans kimonos, règles Abu Dhabi "King of the Hill" 2001
· médaille de bronze aux championnats
internationaux pan américains 2002
· vice champion de Californie 2002
Chan
KÉO :
Palmarès:
· 1ere européenne médaille d'or au :
tournoi international Machado 10 juillet 1999.
· 1ere européenne championne aux: 7éme
championnats internationaux Joe Moreira 18 septembre 1999
· 1ére européenne vice championne aux:
1ére invitation aux championnats internationaux jean jaques
Machado 8 juillet 2000
· 1ére européenne vice-championne aux:
8éme championnats internationaux Joe Moreira 3 septembre 2000
· 1ére européenne vice-championne des
Etats-Unis aux: ii d'Amérique championnats internationaux 2
décembre 2000
· 1ére européenne vice-championne
toutes catégories aux: ii championnats internationaux jean
jacques Machado. 14 juillet 2001
· 1ére européenne "King of the Hill"
championne international professionnel tous styles sans kimono,
règle Abu Dhabi et vice championne avec kimonos 3 et 4
novembre 2001
· 1ére européenne championne de
Californie au: championnats internationaux de Californie 23 juin 2002
· 1ére européenne vice-championne de :
the first annual American national brazilian jiu-jitsu championship
(ceintures violettes/marrons/noires) 2 et 3 novembre 2002
· 1ére européenne vice-championne de:
vi coppa pacifica 8 et 9 mars 2003
· 1ére européenne vice-championne des
championnats pan américains 2003 (ceintures
violettes/marrons/noires) 26 et 27 avril 2003
Le jiu jitsu brésilien fut intégré au
cursus de l'école en 2004
Quelles armes
utilisez vous ?
Nous utilisons les bart Chaam dao du Wing Chun ainsi que le long
bâton, qui ne se limitent pas à être des
« armes » mais sont plus encore des outils,
permettant de comprendre et d’intégrer les
concepts et principes du Wing Chun.
Nous utilisons aussi les armes qui constituent le système du
Kali Escrima telles que : espada é daga, dos manos, largo
manos, double bâtons, etc…
Qu’est
ce que le wing chun vous apporte ?
Développement de l’individu.
Connaissance de soi.
Contrôle et gestion de ses émotions.
Amélioration physique et mentale
Quel type
d’entraînement quotidien (physique &
martial) proposeriez-vous ?
Tout dépend des objectifs. Si on est compétiteur,
alors le rythme et la méthode seront différents
de quelqu’un qui pratiquera en dilettante ou de
quelqu’un qui pratique dans un but de self
défense, ou de quelqu’un qui voudra enseigner.
Pour l’aspect
self défense :
L’entrainement doit être orienté sur
l’aspect surprise et émotionnel, qui sera
déterminant lors d’un affrontement pour lequel on
ne s’est pas préparer, et qui arrivera, comme
c’est souvent le cas, au moment ou on s’y attend le
moins.
Il faut donc être capable d’une très
grande capacité d’adaptation. Sans oublier le
« regard » et le sens de l’observation,
car plus vite on identifie le danger mieux cela sera.
Pour un
compétiteur voici le rythme que nous avions lorsque nous
étions compétiteurs :
6 h par jours : 2h le matin (techniques) ; 2h
l’après-midi conditionnement, 2h le soir combats
entrecoupé de séances de musculation
spécifique, et d’étirements
d’échauffements le matin, et de souplesse
l’après-midi, pour finir avec des
étirements de relaxations le soir. Programme 6 jours sur 7
en période de compétition et 5 jours sur 7 hors
compétition.
En sachant que la condition physique est un facteur très
important, voire le plus important. En effet, même si vous
êtes supérieur en technique que votre adversaire
si vous n’avez pas de condition, alors il y a de grandes
chances qu’il vous batte.
C’est comme avoir une Ferrari mais pas d’essence,
dans ce cas, même un vélo vous doublera.
Pour la pratique en
dilettante :
Comme il est écrit dans le livre de Myamoto Musashi, the
book of five rings : « l’amateurisme dans les arts
de combat est source de beaucoup de blessures et de
problèmes »
C’est pourquoi il est primordial dans ce cas que le
pratiquant dilettante n’essaye pas de copier ou de suivre le
rythme des compétiteurs, ou des professionnels de la
sécurité qui forcément sera trop
élevé pour lui et risquerait de lui provoquer des
blessures et surtout lui développer un sentiment de
frustration qui sera très négatif pour son
évolution.
C’est là que le rôle de
l’enseignant est très important.
Pour quelqu’un
qui aura vocation à enseigner :
Il est primordial de bien intégrer les concepts et principes
qui construisent le système étudié,
afin d’être capable de les adapter et de les
orienter en fonction des objectifs définis plus haut sans
les trahir.
Comment
voyez-vous l’avenir du wing chun en France (sportif, self
défense, traditionnel...) ?
Le Wing Chun s’est beaucoup développé
en France ces dernières années avec des
écoles de différentes lignées qui se
sont ouvertes. Cela est très bien et permet au pratiquant
d’avoir un choix plus grand pour trouver la lignée
qui lui conviendra, et cela permet de créer une
émulation qui permet de faire connaître le Wing
Chun encore plus.
Sur l’aspect traditionnel, tant que les concepts et principes
sont bien intégrés et qu’ils sont
enseignés tel quel, en respectant le cadre bien
défini de ces concepts et principes alors l’avenir
de cet héritage traditionnel survivra.
Voici une citation de notre Sifu Wong Sheun Leung qui exprime bien cela
:
Le Wing Chun est une science et non pas un art. Il ne faut pas copier
le Sifu, car si vous ne faites que copier vous ne vous exprimez pas et
de ce fait ne vous améliorerez pas. Il ne faut pas non plus
que l'élève aille inventer sa manière
de faire, un Sifu doit enseigner et pratiquer les concepts exactement
tels qu’il les a appris, ceci afin de préserver la
pureté du système. Mais chacun étant
différent il faut enseigner d'une manière
réaliste en passant l'essence du Wing Chun dans ses concepts
et théories, laissant ainsi l'élève
libre de s'exprimer et d'utiliser les techniques.
Sur l’aspect self défense, le Wing Chun est
très bien représenté et sa
réputation n’est plus à faire.
Sur l’aspect sportif, il est clair que le
développement de tous les arts martiaux ainsi que des boxes
est passé par la compétition.
A l’heure d’aujourd’hui le Wing Chun
n’est pas représenté dans ces
rencontres.
Beaucoup avance que le système ne s’y
prête pas et est trop limité par les
règles. Cela est vrai, mais néanmoins il est
quand même possible de tester certains concepts et principes
de notre système dans un environnement hostile et face
à des pratiquants d’autres styles et surtout notre
capacité à les adapter et les faire fonctionner
malgré les restrictions.
Ce qui peut être de toute manière un bon exercice
d’adaptation et être très utile lors
d’une confrontation réelle qui risque aussi de
présenter certaines restrictions ne dépendant pas
de nous.
C’est pourquoi notre école s’est
inscrite dans une démarche permettant a nos
élèves de participer a des rencontres entre
différents styles de type sanda et autres,
organisés par notre fédération la
PWKA.
Nous avons d’ailleurs eu de très bons
résultats malgré les restrictions liés
à des règles désavantageant les
combattants du Wing Chun.
Résultats qui ont démontrés que non
seulement le Wing Chun pouvait combattre mais était
très efficace.
Les autres compétiteurs étaient très
enthousiastes et très intéressés par
le Wing Chun, et regrettaient qu’il ne soit pas plus
représenté.
Nous espérons que d’autres écoles de
Wing Chun françaises viendront nous rejoindre et contribuent
à redorer le blason du Wing Chun français.
REMERCIEMENTS
J’aimerais remercier Jean-Pierre DEFOSSE qui m’a
fait découvrir les arts martiaux.
Nino BERNARDO, bien que nos méthodes soient
aujourd’hui différentes, nous lui sommes
reconnaissants pour tout ce qu’il nous a enseigné
tant sur le plan humain que martial.
WONG SHEUN LEUNG, à qui nous rendons hommage et que nous
remercions pour nous avoir ouvert l’esprit sur
l’universalité de la mécanique du corps
dans le but du combat et fait comprendre qu’il ne fallait
jamais être l’esclave d’un
système, mais son maître.
CHAHRIAR DASTOURI, pour son amitié durant toutes ces
années (25 en tout !!) et pour nous avoir fait
découvrir le fabuleux système qu’est le
JIU-JITSU BRESILIEN
VINICIUS AIETA, pour son accueil, son coaching et son
amitié.
AMMAR MOHAMED, Qui, en plus d’être notre
élève et ami, est notre principal sponsor et sans
qui l’école base ne serait pas ce
qu’elle est.
CHARLES JOUSSOT, pour ses conseils, son amitié, son exemple.
A TOUS NOS ELEVES, POUR LEUR CONFIANCE, ET SANS QUI NOUS NE SERIONS PAS
COACH.
LES PROFESSEURS
Les instructeurs : Mo AMMAR / Yan MARIBE / Jean-Max BOSQUET
LES ECOLES
BASE Paris Wing chun kung fu
Mercredi de 20h à 21h30
Vendredi de 19h à 20h30
CEASC 23 rue de la Sourdière 75001 PARIS
Métro : Opéra (ligne 7), Pyramides, Palais royal
Ecoles en France

Paris
Il existe des clubs de jujitsu brésilien de
l'école BASE à Paris et Marseille.
LA FEDERATION
L'école BASE est affiliée à la
fédération PWKA au sein de laquelle Chan KEO et
jean Marc NOBLOT sont chefs d'école pour le wing chun.
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